Reproduction avec l’aimable autorisation du journal En Toute Sécurité Extrait du n°727 publié le 01 octobre 2021

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L’entreprise de surveillance humaine vient d’acheter une importante société de gardiennage en Tunisie et entame un projet au Qatar avec l’ambition de se développer au Moyen-Orient, une région où elle dispose déjà de quelques jalons, annonce Patrick Senior, PDG de BSL, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité. « Nous avons tout d’abord ouvert une agence en Tunisie puis transféré les tâches de back-office — facturation, recrutement, marketing, etc. — dans ce pays et enfin acquis Nour Security en juillet dernier qui va être rebaptisée BSL Tunisie », ajoute le dirigeant.

Créée en 2003 à Tunis, la société emploie près de 500 personnes réalisant un CA équivalent à plusieurs M€. Elle a pour clients des enseignes de distribution (Auchan, Carrefour, etc.), des administrations, des bureaux, des hôtels (Marriott, Bellini).

« Nous allons prospecter d’autres pays, notamment en Afrique où la référence française en matière de sécurité constitue un véritable atout », affirme Patrick Senior. L’entreprise a déjà effectué des missions en Lybie, Algérie et Mauritanie, tout en menant des discussions pour nouer une joint-venture en Qatar, avec l’objectif de finaliser cette opération avant la fin de l’année. L’ambition est ensuite de se développer en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis.

Management remanié

Une direction Moyen-Orient a été créée et confiée à Behrouz Abdi-Zadeh. La société a d’ailleurs largement modifié son manage- ment. Un nouveau directeur commercial a été nommé en janvier 2020, en la personne de Cyrille Marteddu, qui a « rebâti une équipe complète », tandis que Richard Tranché, ancien dirigeant de Lancry Protection Sécurité (groupe Atalian), a rejoint BSL en tant que directeur du développement, une création de poste, avec pour mission de « piloter les dossiers stratégiques ». Christophe Coste est secrétaire général, avec un rôle transverse, notamment en ce qui concerne les finances et un nouveau directeur des opérations est en cours de recrutement.

BSL, qui emploie 900 salariés, a poursuivi sa croissance, y compris en 2020 grâce à la signature de nouveaux contrats dans le transport, la logistique et l’industrie. Les résultats d’appels d’offre sont attendus prochainement. Dans la surveillance humaine, l’entreprise a réalisé un CA de 23,6 M€ en 2020 et pense atteindre 26 M€ cette année.

BSL a accentué ses efforts en matière de nouvelles technologies : son application Gettguard, qui permet d’utiliser un agent de sécurité pour des besoins ponctuels, a connu un fort développement durant la crise sanitaire, avec un CA « devenu significatif ». Elle puise dans un vivier supérieur à 6 000 agents et a géré 1 056 missions durant le seul mois de juillet. 243 agents ont ainsi été utilisés, soit l’équivalent de 57 personnes à temps plein.

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BSL a investi dans une nouvelle application, centrée autour de l’hypervision vidéo baptisée Virtual Guard, qui permet de compresser des images vidéo. Elle propose une mission d’hyperviseur pour moins de 10€ de l’heure, grâce à une implantation dans un pays à meilleur coût. « Cette solution, lancée dans plusieurs pays et qui a déjà fait l’objet de contrats signés, est particulièrement pertinente en cette période de pénurie de personnel », déclare Patrick Senior. BSL n’a pas effectué d’acquisitions en France, car elle n’a pas trouvé d’entreprise « saine sur le plan social et fiscal ». Néanmoins, elle cherche à acquérir un centre de formation ou à nouer un partenariat « fort et durable » dans ce domaine.

Securalliance, un groupement de plusieurs entreprises dont BSL fait partie, est « devenu une vraie réussite avec des clients grands comptes », tandis que Global Securalliance, présent dans 26 pays, est sollicité pour des appels d’offre transnationaux.

Patrick Senior qui était à l’origine, en 2018, du collectif Urgence Sécurité dont le but était de rapprocher le SNES et l’USP, estime que la situation est identique actuellement avec l’existence du GES et de l’ADMS. « Le GES aurait dû tendre la main à l’ADMS avant que cette organisation ait pris l’importance qu’elle a désormais. A l’époque, Urgence Sécurité avait entrepris des travaux considérables et nous sommes aujourd’hui revenus à la situation initiale de division. Un exemple : aucun des deux syndicats n’a signé d’accord salarial pour 2022 alors que les budgets de nos clients sont déjà bouclés. De plus, la loi Sécurité globale n’a pas abouti sur des points essentiels », analyse Patrick Senior.