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Elisabeth Borne, la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a annoncé le 15 septembre, la revalorisation du SMIC en concordance avec l’inflation à hauteur de 2,2%. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis 2012 ; mais quelles sont les conséquences d’une telle hausse pour le secteur de la sécurité privée ?

Une revalorisation du SMIC de 2,2% à compté du 1er octobre 2021

Le 1er octobre 2021, le SMIC augmentera de 2,2% et passera 1 554,58 euros à 1589,47 euros soit une augmentation d’approximativement 35€ brut mensuel.

Cette revalorisation du SMIC fait suite à la publication par l’INSEE de l’indice des prix à la consommation pour le mois d’août. Entre novembre 2020 et août 2021, l’indice de référence a progressé de 2,2%. Une inflation qui s’explique entre autres par la crise sanitaire.

Socialement parlant, cette revalorisation est une bonne chose, mais quelles sont les conséquences concrètes pour le secteur de la sécurité ?

Une augmentation surprise et dangereuse pour le secteur de la sécurité

La revalorisation du SMIC en fonction de l’inflation est bien évidemment une évolution économique et sociale positive mais le fait qu’elle soit si soudaine et importante pose plusieurs problèmes majeurs pour le secteur de la sécurité privée tout entier :

  • Cette hausse représente une perte de marge non anticipée pour les entreprises de sécurité privée qui sera difficile à répercuter sur les clients dont les contrats sont en cours.
  • La nouvelle base du SMIC est bien plus élevée que le salaire de base des agents de sécurité privée au coefficient 120 (1539,31€) et 130 (1559,48€) et non loin de ceux qui sont au coefficient 140 (1 606,25€).
  • Les NAO (négociations annuelles obligatoires) se baseront lors des négociations sur la valorisation acquise au 1er octobre 2021, ce qui aura un effet de double peine pour les entreprises de sécurité privée au 1er janvier 2022.
  • Les (futurs) clients sont en train d‘établir leurs budgets 2022 et, à ce jour, les entreprises de sécurité sont dans l’incapacité de projeter le taux horaire qui sera ou non négocié ; ce qui rend compliqué le chiffrage de devis réalistes.

Pour toutes ces raisons, il semble évident que cette augmentation du SMIC est un réel trou dans la raquette pour le secteur, d’autant plus que les entreprises de sécurité comme leurs clients ne sont pas encore sortis des répercussions économiques de la crise sanitaire.

Les prémices d’un séisme de grande magnitude pour le secteur de la sécurité privée

Les conséquences de cette augmentation du SMIC révèle une crise bien plus profonde du secteur de la sécurité privée : l’agent de sécurité devient une denrée de plus en plus rare malheureusement malgré sa rareté, cela ne la rend pas pour autant plus chère, là est tout l’antagonisme de la situation.

En effet, malgré la difficulté à recruter de nouveaux talents, certaines entreprises continuent à tirer les prix au plus bas, ce qui contribue à cette crise majeure.

Si cette pénurie continue, il sera difficile de recruter le personnel de sécurité suffisant pour les Jeux Olympiques de 2024 ce qui n’est pas sans rappeler la situation dans laquelle la Grande Bretagne s’était retrouvée en 2012, lors des Jeux Olympiques de Londres, suite à la défaillance de contrat de G4S.

Une défaillance qui avait entraîné l’intervention de l’armée pour remplacer les agents de sécurité et donc une explosion du coût horaire qui n’était maîtrisé ni par les budgets des clients ni par les contrats que les prestataires avaient avec eux.

Si cette situation venait à se produire, alors ce serait un séisme pour le monde de la sécurité, c’est pour cela qu’il faut réagir tant que les secousses sont maîtrisables et éviter le désastre !

Le Groupe BSL Sécurité souhaite vraiment solennellement que toutes les organisations syndicales : GES, ADMS et toutes les bonnes volontés de se concerter et d’établir une feuille de route acceptable pour à la fois les agents de sécurité, les entreprises de sécurité qui les emploient mais aussi pour leurs clients, qui, rappelons-le, tout comme nous, ne sont pas encore sorti de la crise sanitaire du COVID-19 et doivent réaliser leur budget 2022 sans aucune information de la part de leur prestataire sur le coûts de prestations de sécurité privée.

Sources :

https://travail-emploi.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/smic-elisabeth-borne-annonce-une-revalorisation-du-smic-de-2-2-a-compter-du-1er

https://www.lesechos.fr/2012/07/g4s-destabilise-par-une-defaillance-dans-son-contrat-pour-la-securite-des-jo-360248

https://www.ruedelapaye.com/e-mag/agent-securite-specificites-paye/